Jean ROCHARD
Je partage ma passion de Wordpress dans des articles techniques sur les plugins, thèmes, nouveautés geek et optimisation SEO "on-site".
Jean ROCHARD

@jean_rochard

Chez Terre Digitale, on mange du Wordpress dès le petit-dej'.
Petit guide pour mettre en place les Facebook Instant Articles à partir de vos posts Wordpress : https://t.co/lSbzdM6z9j - 7 mois ago

Article de reprise en ce mois d’août : pendant mes vacances, j’ai franchi le pas et je suis passé au Chromebook (oui oui, pour bosser et créer des sites WordPress). Petit article vous présentant pourquoi ce choix, quels avantages / inconvénients et quelques astuces techniques pour avoir une vraie machine sur-mesure (notamment avec un Linux installé dessus).

Un Chromebook, c’est quoi ?

C’est une machine légère (type Ultrabook) à mi-chemin entre une tablette et un ordinateur portable classique. Sa particularité est de ne fonctionner quasiment  qu’à travers le navigateur Chrome. Vous avez bien compris : on ne peut pas installer d’applications sur le disque dur d’un Chromebook ; ou si mais seulement par le Chrome Web Store. On a alors le choix entre soit des applications Chrome soit des extensions Chrome. Bien sûr, tout le monde peut en développer mais n’espérez pas retrouver Office, Gimp ou Photoshop tant qu’ils n’ont pas été adaptés pour le système Chrome OS (qui remplace Windows, Linux ou MAC OS sur un Chromebook).

Moi, j’ai acheté le Toshiba Chromebook 2 (sur amazon). La gamme de Toshiba n’est pas très claire et faites attention aux caractéristiques techniques de leurs Chromebooks : j’ai pris le modèle le plus « costaud » avec 4Go de RAM et un disque dur SSD 16 Go. Ce qui m’a convaincu pour ce modèle, c’est que c’est un des seuls du marché avec écran HD 13 pouces (1920 x 1080). Aucun regret sur ce choix, ça vaut ses 350 € TTC (et c’est déjà cher pour un Chromebook !). Côté autonomie, vous avez entre 8 et 10h devant vous avant de brancher votre machine.

Un Chromebook, pourquoi ?

Je m’en sers pour travailler : gestion et bureautique pour la société (devis, factures…) mais aussi production des sites webs (WordPress, édition d’images, développement PHP, SSH et sFTP…). Et vous savez quoi ? Rien ne me manque.

Avantages / Inconvénients

Ce qu’on apprécie immédiatement avec un Chromebook, c’est le temps de démarrage et de mise en veille qui se compte en secondes (3 ou 4 secondes à tout casser). ça change d’un portable Windows, non ?

Dans le même type de comparaison : oubliez les tâches de gestion système, il n’y en a pas (ou si peu) avec Chrome OS. Côté sécurité, c’est plutôt blindé également nativement (de toute façon, ce n’est « que » un client léger).

Autre avantage : si on perd son Chromebook, comme toutes les données sont sur le Cloud (ou presque, puisque seul le répertoire des téléchargements est local au Chromebook), on retrouve ses petits le temps de recevoir sa nouvelle machine. Même les applications et extensions installées sont mémorisées par Chrome (avec votre compte Google ; mais ça, pas besoin de Chromebook pour s’en rendre compte).

L’inconvénient majeur est bien sûr qu’il faut adapter sa méthode de travail a des outils 100% en ligne. Pour moi, cela fait longtemps que je transforme ma pratique pour parvenir à cet objectif. Voici d’ailleurs ma liste d’applications / extensions :

  • Google Drive + Dropbox pour le stockage Cloud (extension « File System For Dropbox » très pratique pour monter sa Dropbox dans le File System, comme un répertoire local).
  • Google Docs pour la bureautique
  • Application Secure Shell pour le SSH
  • Application sFTP Client pour le FTP
  • Application ZIP Extractor pour la gestion des fichiers ZIP (valable pour les petits fichiers, les gros ZIP restant longs et problématiques à traiter il faut le reconnaître)
  • Application Codenvy pour développer en ligne
  • Application Text pour éditer des documents simples (config PHP, txt…)
  • Picmonkey et Pixlr pour éditer des images
  • Screencastify pour les screencasts et Clipchamp pour faire des vidéos (bien sûr, vous ne pourrez pas éditer vos vidéos avec cette machine mais avec un peu de patience lors du post-traitement, vous pourrez faire des vidéos de quelques minutes sans soucis)
  • Lastpass pour gérer mes mots de passe (plutôt que Keepass qui ne dispose pas d’un bon éditeur pour le Chromebook)
  • Et la touche Geek : crouton permet d’installer Ubuntu au cas où certains outils vous manqueraient. Par exemple, je fais tourner Skype sur une fenêtre Ubuntu et je m’en sers aussi pour avoir un vrai terminal SSH, Gimp et Open Office.

Alors, que manque t’il à cette configuration ? Pratiquement rien et pour environ 300 € HT, c’est imbattable. Bien sûr, pour traiter des gros fichiers et des vidéos, je passe à la machine Desktop. Mais c’est 3% de mes usages… Il peut me manquer aussi un peu de puissance quand je fais tourner 15 onglets et Ubuntu en parallèle ; mais je peux aussi fermer Chrome quelques instants et faire l’effort de gérer l’occupation mémoire.

Astuces techniques

Le seul élément (un peu) complexe fut l’installation de Ubuntu. J’ai parcouru pas mal de sites pour cela ; et c’est notamment faire fonctionner Ubuntu en mode fenêtre (grâce à une extension Chrome) qui n’est pas évident. Voici globalement la démarche (attention, cela peut comporter quelques risques pour votre machine) :

  1. Faire une sauvegarde et une clé USB de récupération de son Chromebook (on ne sait jamais…) avec Chrome Recovery Utility par exemple
  2. Installer l’extension Crouton Integration
  3. Télécharger le script crouton
  4. Passer votre Chromebook en mode développeur (passage générant de nombreux warnings ; vous trouverez facilement des tutoriels à ce sujet sur le net). N’oubliez pas le raccourci clavier CTRL+D qui vous permettra à chaque nouveau démarrage de passer le message de warning.
  5. Lancer un shell (CTRL+ALT+T) sous Chrome et exécutez la commande suivante : « sudo sh ~/Downloads/crouton -e -t xiwi,xfce,extension,audio,keyboard,chrome -r trusty -n trusty.xiwi« . Merci à cet article pour la solution de paramétrage un peu coton !
  6. Cela installera la distribution Ubuntu 14.04 LTS avec l’environnement graphique xfce (le plus léger). Cette étape peut prendre un bon quart d’heure.
  7. Ensuite ça y est, avec la commande « sudo startxfce4 » votre Ubuntu démarre en fenêtre ou en mode plein écran. Magique, non ? Il vous reste à mettre la langue en Français (pour le clavier notamment). Cette page de la doc Ubuntu reprend ce processus complet et vous dira comment le faire.
  8. Pour les applications, pas de soucis pour ssh, gdebi, aptitude mais aussi Skype, Gimp, Open Office… Une petite liste d’actions pour cela est décrite ici.
  9. Par contre, pour installer une dropbox, ce n’est pas si évident ! J’ai remplacé le système de gestion de fichier Thunar par Nautilus (c’est ce que j’ai trouvé car je n’ai pas réussi à faire fonctionner le module Dropbox pour Thunar…). Cela se fait après installation de Nautilus bien entendu (et de quelques icones supplémentaires). Ensuite, le module dropbox pour Nautilus fonctionnera parfaitement.

Si le sujet vous intéresse, je prévois peut être de faire un tutoriel complet avec pas à pas détaillé. N’hésitez pas à le demander !

Et vous, votre Chromebook, vous avez installé quoi dessus ?